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Médecins non-économiques – Conséquences de la polypragmasie
Le thème des très hauts revenus de certains médecins, percevant plus de CHF 1 million par année est à nouveau à l’actualité. Ce matin l’émission “On en parle” de la RTS traitait du thème de la surfacturation et des tarifs excessifs de certains médecins. Si certaines pistes ont été évoquées par une membre de la Fédération suisse des consommateurs (FRC), la polypragmasie qui traite aussi de l’aspect du surcoût n’a pas été mentionnée, ni les conséquences pour le médecin. Pourtant, les conséquences juridiques que pourraient subir le médecin qui abuserait de son droit de facturer à charge de l’assurance maladie de base ne sont pas négligeables.
En 2008, n’étant alors qu’étudiant sur les bancs de l’Université, je m’étais intéressé à la problématique du surtraitement ou du terme technique de “polypragmasie“. Ce terme barbare se réfère à l’article 56 LAMal et désigne une pratique contraire à l’article 32 al. 1 LAMal, selon lequel le professionnel de la santé doit assurer un traitement efficace, approprié et économique (art. 32 al. 1 LAMal). S’il ne respecte pas ces conditions, il peut être tenu de restituer les sommes perçues directement ainsi que les coûts indirects du traitement préconisé (art. 56 LAMal).
La définition développée par les tribunaux est la suivante:
il y a “polypragmasie” (“Überarztung”) lorsqu’un nombre considérable de notes d’honoraires remises par un médecin à une caisse-maladie sont en moyenne sensiblement plus élevées que celles d’autres médecins pratiquant dans une région et avec une clientèle semblables, alors qu’aucune circonstance particulière ne justifie la différence de coût.
Il y a 10 ans, j’avais analysé et critiqué un arrêt du Tribunal fédéral qui abordait ce sujet. L’arrêt publié sous référence ATF 130 V 377, rendu le 18 mai 2004, analysait les différentes méthodes pour calculer le caractère économique ou non des prestations fournies et facturées par le médecin et admettait le remboursement par le médecin des coûts directs, mais également indirects, soit des montants que le médecin n’avait lui même pas perçus, mais qui découleraient de sa pratique jugée trop chère.
Si l’analyse de cet arrêt date déjà, les principes sont, dans les grandes lignes, restés les mêmes. A noter la mise à jour de mon analyse, en note de bas de page 5, sur la modification de la jurisprudence sur la méthode statistique selon l’ATF 133 V 37 du 6 octobre 2007.
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Conséquences possibles d’une pratique
jugée trop coûteuse
1) Sur le plan financier, le praticien peut se voir opposer :
- un refus d’être rémunéré sur ce qui dépasse la limite de l’admissible (art. 56 al. 2 LAMal) ;
- une restitution des sommes perçues à tort, directement et indirectement (art. 56 al. 2 et 59 al. 1 let. b LAMal).
2) Sur le plan administratif :
- Avertissement (art. 59 al. 1 lit. a LAMal) ;
- Amende (art. 59 al. 1 lit. c LAMal) ;
- Exclusion temporaire ou définitive de toute activité à la charge de l’assurance obligatoire de soins (art. 59 al. 1 let. d LAMal).
3) Sur le plan pénal :
- Si le professionnel de la santé obtient pour lui-même ou pour autrui, sur la base de la présente loi, une prestation qui ne lui revient pas, par des indications fausses ou incomplètes ou de toute autre manière; une peine pécuniaire allant jusqu’à 180 jours-amende peut lui être infligée (art. 92 let. b LAMal);
- Dans des cas plus extrêmes, l’infraction pénale d’escroquerie à l’assurance peut être réalisée lorsque des prestations ont été obtenues par “astuce” (art. 146 du Code pénal suisse). Dans ce cas, la peine privative de liberté peut aller jusqu’à cinq ans!
Même si en pratique une procédure judiciaire peut prendre plus de 10 ans avant d’être jugée, une procédure en polygragmasie, du premier échange de courriers jusqu’aux tribunaux est très lourde et c’est un jeu qui n’en vaut pas la chandelle, au vu des conséquences possibles pour le médecin et aux prix de longs efforts.
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Pour aller plus loin:
- Mon analyse critique de cet arrêt datant de 2008, avec quelques références et citations;
- A. Cereghetti, Odile Pelet, “Nul n’est censé ignorer… comment faire face à l’accusation de polypragmasie“, in Rev Med Suisse 2008; volume 4. 2356–2359;
- Marcel Moillen, “Contrôle de l’économicité par santésuisse en cabinet médical : quel message pratique ? “, in Revue médicale suisse 2009.
Avocats 4.0: les futures stars du barreau
“En Suisse romande, une nouvelle génération d’avocats émerge pour répondre aux défis législatifs de la quatrième révolution industrielle”.
Très honoré d’avoir un portrait dans le dernier numéro de PME Magazine de juillet 2017 sur les avocats spécialisés dans les nouvelles technologies dans un article du 28 juin 2017 par Sven Jorganssen.
L’article est disponible ici et la version online peut-être consultée ici.
Bonne lecture.
Mobilité et innovation en 2017
INTRODUCTION
Grâce aux technologies et à l’innovation, la mobilité connectée a méchamment appuyé sur l’accélérateur avec l’arrivée d’Uber, des VTC et des voitures autonomes. L’impact des platformes connectées telles qu’Uber et Airbnb est monstrueux sur le secteur: bouleversement des modèles traditionnels, manifestations et pagaille au sein des milieux concernés, investissements massifs et valorisation de ces entreprises en dizaines de milliards de dollars, procès à tire-larigot et on en passe! On ne parle aujourd’hui plus que d’ “uberisation” (plus simple à dire que “airb&bisation”) pour désigner l’émergence des platformes intermédiaires numérique oeuvrant en soi comme “agents”, et tout ne fait que de commencer. Depuis l’arrivée d’Uber, il faut bien avouer que le concept de la mobilité connectée est devenue très en vogue et séduisant de par son modèle économique et sa simplicité d’utilisation. La petite start-up californienne Uber créée en 2009, se valorisait à quelques 62,5 milliards de dollars en 2015 et s’est rapidement imposée dans 67 pays en 2015. Uber se vantait d’ailleurs de détenir 30% des parts de marché en Chine.
Bienvenue dans l’ère de la mobilité connectée ou de la mobilité à la demande (connected mobility / mobility-on-demand) !
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Les modèles de mobilité connectée
Le MIT a rédigé un article intéressant sur le futur de la mobilité. Il met en balance la complexité des interactions entre les différentes variables: technologies des moteurs, options de carburants, infrastructures de stations de fuel, choix des consommateurs, options de transport public, nouvelles modalités de transport et surtout les tendances des gouvernements qui formeront ensemble le futur de la mobilité. L’industrie dictera-t-elle l’avenir de la mobilité par des impératifs environnementaux ou par le profit? Difficile de savoir quelle est la conception qui l’emportera, toutefois, indépendamment du moteur du véhicule, voici une esquisse des différentes générations de mobilité dictées par les technologies de l’information:
Mobilité 1.0. Se déplacer “à l’ancienne” avec son propre véhicule. On achète son vélo, sa voiture au magasin. On conduit son véhicule, s’occupe de l’entretien et paie ses assurances. On prend le bus. On lève la main dans la rue pour demander au taxi de s’arrêter, donne un pourboire au chauffeur ou on se fait arnaquer et on râle.
Mobilité 2.0. Se déplacer grâce aux Smartphones, à la géolocalisation et aux paiements sur Internet. On reste chez soi, on part de chez un ami. On voit un vélo dans la rue et on conclut un contrat avec sa montre connectée. On commande et paye son véhicule à l’avance en trois “slides” d’index sur son Smartphone. On visualise le temps d’arrivée du taxi, localise le véhicule souhaité. On connaît le tarif du vélo, de la voiture ou du bus. Finies les arnaques.
Mobilité 3.0. Se déplacer grâce aux véhicules intelligents et connectés aux objets (IoT). La voiture est synchronisée à l’Apple appstore ou au Google Play store. On se connecte à son compte et on met la musique achetée sur son téléphone. Même si la voiture ne vole pas encore, elle navigue dans le nuage, connectée au cloud et aux autres objets connectés que l’on possède (montre, cuisine, Smartphone), la voiture n’est qu’un objet connecté de plus. On peut oublier son téléphone à la maison ou au bureau. A l’arrière, on regarde un film en streaming grâce au 1 an d’abonnement inclus avec l’achat ou la location de la voiture.
Mobilité 4.0. Se déplacer grâce aux véhicules électriques, connectés, autonomes, contrôlé grâce à des intelligence artificielle (IA). On se réveille le matin. L’agenda électronique connecté à nos appareils nous réveille et nous commande une voiture autonome pour aller au bureau. Le miroir connecté nous suggère des vêtements chauds à porter aujourd’hui assortis avec la couleur du complet-veston. La voiture, envoie une notification sur son Smartphone pour indiquer son arrivée dans 5 minutes. Elle se parque en bas de l’immeuble et nous “attend” 15 minutes de plus que l’heure indiquée. Sur le chemin du travail, la voiture conduit de manière autonome, affiche les documents à lire pour se préparer à l’entretien client, nous rappelle que nous avons pris du poids, qu’il faut prendre son médicament et suggère une pause sportive avec un collègue à midi qui cherche également à rester en forme. Le lendemain matin, le réveil sonne automatiquement 15 minutes plus tôt. Mais on a été malade pendant la nuit. Un taxi-drone volant arrive et nous emmène à un rendez-vous médical. Au retour, le véhicule envoie un e-mail aux collègues et annule les rendez-vous en cours. Un certificat médical est adressé automatiquement à l’employeur par la voiture…
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Mobilité à la demande et véhicules autonomes
La mobilité à la demande à la Uber marche à fond. Et pour preuve, ce modèle n’est pas unique. De sérieux concurrents lui barrent la route. D’autres initiatives voient également le jour:
- co-voiturage connecté et car-sharing en “free float” grâce au au concept « Catcha Car » lancé à Bâle par Mobility. Il permet de louer et déposer des véhicules sur des places de parc définies dans la ville.
- Vélos 2.0 ou “bike-sharing” en libre service avec la start-up Ofo, permettant de louer un vélo via son Smartphone puis le laisser n’importe où.
Concernant les véhicules autonomes, il s’agit d’un marché qui frémit d’impatience et qu’on annonce disponible à horizon 2020 à 2030. Des constructeurs annoncent déjà leurs modèles: le Waymo de Google, les modèles Tesla S, X et 3, la iNext de BMW, Volvo, Mercedes (juste hallucinant), ou encore Nissan et Renault se lancent déjà dans l’aventure avec leurs « self-driving cars ». La société chinoise EHang a présenté au CES 2016 son drone EHang 184 de transport autonome le “taxi-volant autonome“. En Suisse, Sion a été choisie comme ville de test pour un système de navettes autonomes. les car postaux autonomes valaisans “self-driving bus” du projet Smart-Shuttle peuvent circuler dans la ville, avant une éventuelle expansion.
L’innovation a-t-elle des obstacles ou est-elle sans limites ?
Elle ne sera probablement limitée que par notre imagination! La société Slock.it parle déjà de voitures de location autonomes qui se louent toutes seules (« self-renting cars ») et qui rentrent se réparer toutes seules grâce à une technologies décentralisées basées sur le Blockchain…
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Quels défis juridiques pour le futur de la mobilité autonome?
Peu d’enjeux nouveaux pour le consommateur, mais des enjeux pour les platformes intermédiaires qui pensent pouvoir s’affranchir de toute réglementation par le fait qu’elles utilisent des technologies connectées. Pour les voitures autonomes, le fait que le conducteur soit un logiciel pose de nombreuses questions, dont de circulation routière. De plus, la robotique et les IA vont bousculer la société ces prochaines dizaines d’années. Voici les sujets juridiques dont on parlera:
- modification des règles de la circulation routière (comment autoriser une voiture à conduire?)
- responsabilité et assurance en cas d’accident
- propriété intellectuelle (brevets, droit d’auteur et licences sur des logiciels en matière d’IA)
- droit du travail (changements de secteur de l’emploi pour les métiers remplacés par les machines)
- éthique des décisions prises par un CPU plutôt qu’un humain
- protection des données
L‘Union européenne a lancé le processus législatif sur le statut juridique des robots en janvier 2017, ce qui devrait permettre une prise de position en la matière.
La mobilité et le droit ont un bel avenir devant eux et on se réjouit de suivre les évolutions en la matière…
Salon suisse de la santé – En avant pour la 2e édition
L’événement à ne pas rater
En avant pour la 2e édition du salon suisse de la santé qui se tient du 24 au 27 novembre 2016 au SwissTech Convention Center de l’EPFL. Il s’agit très certainement de l’événement bi-annuel à ne manquer si la santé vous intéresse, puisqu’il concentre tous les acteurs du domaine durant 4 jours dédiés à l’innovation, la sensibilisation, la prévention, l’information, comprend des débats et permet de multiples découvertes pour grands et petits.
Lors de la première édition, que j’avais résumée dans ce précédent article, je portais des Google Glass qui étaient destinées à un projet pour aider les ambulanciers à sauver des victimes d’accident… Cette édition m’avais particulièrement marquée et plue tant pour le cadre splendide du SwissTech Convention Center de l’EPFL dans lequel elle s’était tenue que pour le contenu et la qualité des intervenants et stands présentés. Voyons ce que promet la 2e édition dans son programme.
Nouvelles technologies et santé – sélection du programme
Cette édition nous propose un programme alléchant. Elle reprend les bonnes recettes de l’année précédente avec des conférences et des débats. Voici les conférences qui retiennent mon attention et auquelles je vais essayer de me rendre pour en faire un compte rendu après le salon:
JE 24: Journée sur Gestion du diabète et nouvelles technologies
- App “Glucalc“
- Mobile-Health et accompagnement thérapeutique en diabétologie
- Pistes pour l’avenir des technologies pour la gestion du diabète
- Diabète VR (Réalité virtuelle)
VE 25: Rolex Learning Center: Le cancer au centre du débat
Autres conférences: Les nouvelles technologies au secours de la nutrition
Cette conférence abordera probablement les développements d’App médicales utilisées dans les pays en voie de développement pour combattre la malnutrition comme le fait déjà Médecins Sans Frontières (MSF) avec une application qui identifie les maladies enfantines et qui prescrit des médicaments. MSF a aussi initié un projet Missing Maps avec un application “MapSwipe” pour identifier des zones du monde ayant particulièrement besoin d’actions et de soutien.
SA 26: Comment la médecine personnalisée va changer nos vies
- 13h-14h – Qui est le meilleur pour détecter un cancer de la peau: patient, médecin ou ordinateur?
- 13h50 – Diabète téléphonie mobile et informatique
- 17h – Big Data: Suis-je allié, complice ou victime. Faut-il avoir peur
DI 27 Conférences et Table ronde sur la santé connectée
15h-17h – Conférence sur la santé connectée
- Vers quel futur nous mène la santé connectée et le Big Data?
- Dossier médical informatisé: allons-nous être mieux soignés?
- Santé connectée: quels outils et quelle utilité pour ma santé?
- Les nouvelles technologies digitales de santé connectée: entre pensée scientifique et promesses magiques
17-18h – Table ronde
- Objets connectés corps et santé: Du gadget à la santé numérique
Le programme complet de l’événement est disponible ci-dessous:
Au plaisir de vous y croiser…peut-être?
LiftConference 2016: MassChallenge, blockchain et intelligence artificielle
INTRODUCTION
Petit retour sur cette conférence marquante lors de l’édition 2016 de la conférence LIFT.
Il s’agit de l’une des conférences annuelles européennes réunissant les meilleurs acteurs de l’innovation de Suisse, Europe et d’Outre-Atlantique, en particulier de nombreuses Start-ups. Des conférenciers de renommée mondiale sont invités à parler de nouvelles technologies et de leurs enjeux pour l’avenir. Des ateliers sous la forme de groupes de travail interactifs sont ouverts à tous pour approfondir certains sujets abordés lors des conférences et un “laboratoire” se construit au fil de ces journées pour mettre en forme des idées innovantes. Lors de l’édition 2016, ce sommet de l’innovation s’est déroulé du 10 au 12 février 2016 au Centre International de Congrès à Genève (CICG) et s’est révélé passionnant et instructif pour l’avenir des technologies.
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ARRIVEE DU MASSCHALLENGE EN SUISSE
Comme l’a relevé le magasine Bilan au mois de février 2016, le financement de Start-ups en Suisse rivalise avec le niveau atteint à Boston, Tel-Aviv ou la Sillicon Valley et ne cesse de croître. La Suisse et notamment l’Arc lémanique est devenu un lieu incontournable de l’innovation avec la Health Valley. Nous en faisions d’ailleurs mention ici du salon suisse de la santé au Swiss Tech Convention Center de l’EPFL.
Et c’est bien logiquement que la cérémonie d’ouverture du mercredi 10 février 2016 a accueilli l’arrivée en Suisse du MassChallenge. Le célèbre accélérateur de Start-ups (ou incubateur à l’instar de The Ark à Sion, en Valais) qui n’était jusqu’alors présent qu’à Boston, Tel-Aviv, Londres et Mexico, s’implante à Genève. Il s’agit d’une organisation à but non lucratif ayant pour vocation d’aider les fondateurs de projets innovants en les conseillant, les mettant en lien avec les meilleurs contacts académiques, industriels et des Business Angels en leur offrant un cadre exceptionnel pour évoluer vers le succès de leurs projets ambitieux. Le MassChallenge met en place des concours offrant la possibilité pour ces jeunes entreprises de gagner du financement pouvant aller jusqu’à plusieurs millions de dollars et ce, sans que cette organisation ni les investisseurs ne prennent de participations dans l’entreprise en contrepartie.
Durant la cérémonie d’ouverture, plusieurs Start-ups Suisses et étrangères ont eu l’occasion d’exposer leur modèle en quelques minutes chrono en main, comme le veut la tradition, devant plusieurs centaines de personnes.
Accédez à la vidéo d’ouverture du MassChallenge ainsi que le programme des présentations.
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CONFERENCES 2016 : SMART & DISRUPTING
Si deux mots devaient résumer ces conférences, ce seraient “Smart” et “Disrupting“. Des termes tendances et communément utilisés par l’ensemble de la communauté de l’innovation. Désormais, toute technologie n’est nouvelle et innovante que si elle est Smart ou Disrupting, ou les deux !
BLOCKCHAIN
Le premier sujet à retenir de la LiftConference 2016 est indéniablement le blockchain avec des conférences déroutantes, comme cette keynote “Blockchain Technology beyond bitcoins” par Stephan Tual, fondateur de Slock.it qui nous parle des développements potentiels possibles des applications décentralisées basées sur Ethereum et le blockchain.
Ou comment comprendre le concept du Blockchain au delà du Bitcoin. Incontestablement l’une des présentations phares de ce sommet 2016 comme en témoigne les derniers articles parus dans le Temps les 6 novembre 2015 et 15 février 2016 ou dans le Figaro le 5 avril 2016 pour le financement de start-ups Blockchain. Les projets Blockchain ont été présentés par Joseph Lubin, Stéphane Tual des sociétés Ethereum et Slock.it, et Primavera de Filippi, juriste-chercheuse au CNRS et artiste Blockchain nous sensibilisant à cette nouvelle ère numérique quelque peu dérangeante. Des interventions de haut niveau sur un sujet complexe et plutôt abstrait, mais dont la compréhension pourrait bien s’avérer essentielle à ceux qui souhaitent ne pas être en retard sur leur temps.
Cette conférence confirme l’engouement général et l’attrait pour les technologies décentralisées basées, dont fait partie le Blockchain. Les possibilités offertes ont le potentiel de révolutionner la manière dont l’économie participative fonctionne aujourd’hui, même si tout reste à faire. Le blockchain pourrait avoir un impact sur le système financier, l’immobilier et pourquoi pas le système électoral.
Pour mémoire, le Blockchain est un concept et en même temps un système informatique décentralisé (basé sur le P2P) à la base du Bitcoin, la cryptomonnaie numérique la plus populaire. Ce système permet l’échange de valeurs de manière cryptée, anonymisée, infalsifiable et mettant en relation directe les parties à un contrat de bout en bout de la chaîne (Smart contracts). L’un des atouts de ce modèle est la suppression de parties tierces dans toute transaction effectuée. L’idée est séduisante, on cesser de payer des intermédiaires et on ne paie que pour ce qu’on utilise (Pay for what you Use), ce qui simplifie le système de transaction et en gagne du temps de leur exécution sans payer de frais ou des commissions indirectes. Cette nouvelle économie s’intitule l’économie des objets (Economy of Things) à l’instar de l’Internet des objets (Internet of Things).
Sur son blog et durant cette conférence, Stéphane Tual de la société Slock.it décrit sa vision des contrats intelligents. Ces “Smart contracts créent une relation directe, en réseau, entre deux parties à un contrat (voir également l’avis de Me Christophe Wilhelm sur les contrats intelligents qui s’exécuteraient automatiquement sur son blog). On apprend également que le Blockchain serait utilisé pour les applications telles que l’identité numérique, les assurances, des véhicules autonomes qui se louent tous seuls (self-renting autonomous cars) et qui se rendent tout seuls à des bornes autonomes de carburant électrique (comme les tondeuses à gazon autonomes), des systèmes bancaires, les énergies (eau, gaz, électricité), notifications automatiques et automatisation de partenariats, plateforme e-Commerce tels un AirBnB sans intervention humaine permettant l’ouverture de la porte d’entrée de l’appartement par son Smartphone (Smart Lock via Smartphone) et déclenchant automatiquement le paiement du loyer en soustraction du montant de la caution restituée au locataire à la fin du séjour. Des possibilités innombrables!
Les présentations complètes d’Ethereum par Joseph Lubin, fondateur de ConsenSys et Ethereum, ainsi que celle de Slock.it par Stephan Tual valent le détour pour comprendre le système, les avantages et les enjeux de ces concepts. Ils décrivent de manière limpide les exemples d’application et l’ampleur de cette potentielle révolution.
Voici les présentations passionnantes et dérangeantes de:
- Ethereum et Consensys, par Joseph Lubin;
- Blockchain, par Stephan Tual de Slock.it; et
- Organizational Structures, par Primavera De Filippi.
Trois conférences indispensables si l’on veut sortir des sentiers battus avec des concepts sur les applications décentralisées du futur tel le plantoid, une plante mécanique autonome qui se reproduit toute seule et interagit avec son environnement.
Pour aller plus loin sur le Blockchain, il existe des groupes de travail qui réfléchissent aux aspects légaux du blockchain et aux manières de l’utiliser:
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
Le deuxième sujet fut l’intelligence artificielle, l’un des sujets les plus attendus du moment. Trois conférences à retenir et à visionner:
- Artificial intelligence, par Alex Lebrun, Head of Wit.ai at Facebook
- TheGrid, par Henri Bergius, des sites web qui se créent ou se modifient automatiquement par intelligence artificielle
- AI, is it possible, is it necessary?, par Min Li Marti, parlementaire fédérale parlant de la sensibilisation des parlementaires aux nouvelles technologies
Ces conférences étaient malheureusement un peu moins déroutantes et prometteuses que ne leur laissaient entendre leur titre , mais méritent tout de même le détour.
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CONCLUSION
En somme, avec l’arrivée du MassChallenge en Suisse, les Start-ups ont encore plus de légitimité à siéger en Suisse romande et à poursuivre leur course effreinée à l’innovation. La LiftConference pour sa part est incontournable pour tous ceux qui ne la connaissent et qui sont passionnés de nouvelles technologies. Des découvertes, rencontres et échanges uniques et passionnants avec le monde si dynamique de l’innovation. Seul gros bémols, il faut prendre congé pour s’y rendre car il s’agit de 2 à 3 journées complètes en pleine semaine…seul moyen d’y aller plus facilement: y donner une conférence ou un atelier! 🙂
Citizen Four: A regarder absolument
CITIZEN FOUR – Un documentaire exceptionnel à ne pas rater
Je viens de visionner le film documentaire CITIZEN FOUR (2014) de Laura Poitras qui retrace l’histoire des révélations d’Edward Snowden dont nous parlions ici. Cette documentariste américaine a été l’une des journalistes contactés par une source anonyme, aka CitizenFour, sensée détenir des informations et des documents top secrets permettant de révéler un scandale à l’échelle mondiale.
Au travers des images originales de l’interview d’Edward Snowden filmées par des journalistes du Guardian, dont Glenn Greenwald et Laura Poitras, dans un hôtel à Hong Kong au mois de mai 2013, ce reportage poignant nous place dans la peau du plus fameux lanceur d’alertes américain qui a risqué sa vie et sa liberté pour que les citoyens du monde, les entreprises, institutions et gouvernements reconnaissent l’ampleur de la surveillance de masse dite “passive” opérée par les Etats-Unis au travers de la NSA et leurs logiciels PRISM ou XKeyscore des géants d’Internet et d’autres autorités européennes. Certaines images filmées dans un tribunal américain montrent les inquiétudes de certains juges face à l’intrusion de la NSA dans notre vie privée, mais également de l’absolue volonté des autorités de nier les faits ou d’utiliser des arguments de défense fondés sur la confidentialité du sujet pour des motifs de sécurité nationale…
Pour ceux qui n’ont pas encore vu ce brillante long métrage de presque 2 heures ou ceux qui souhaiteraient le revoir, ce film est disponible sur le site de la RTS en version originale sous-titrée français jusqu’à la fin du mois de mars 2016. Dépêchez-vous, il en vaut la peine !
http://www.rts.ch/play/tv/histoire-vivante/video/citizenfour?id=7532699
Bon visionnage.
