Catégorie : News

Reset the net

Reset the Net : l’anniversaire des révélations Snowden

I.   Introduction

Un an après les révélations d’Edward Snowden, des sociétés comme Mozilla, Greenpeace, Google, Dropbox, WordPress, Namecheap, Amnesty International, Reddit, Duck Duck Go ou encore le Parti Pirate on lancé l’opération Reset The Net, un mouvement prônant la liberté des utilisateurs face à la surveillance de masse des Etats. Dans la vidéo de présentation du site Reset The Net, les slogans pleuvent. Ainsi, on peut notamment y lire :

“Internet c’est la liberté, la curiosité, l’ouverture, la peur, l’oppression et le contrôle”

“Les gouvernements peuvent hacker n’importe qui, mais pas tout le monde”

“Battez-vous pour un avenir sûr, ouvert et libre”

II.   Objectifs

Le but de ce site : donner des conseils aux développeurs et aux administrateurs  pour proposer et développer des sites et des applications sécurisés, open-source. Cette plateforme propose notamment un “Privacy Pack” qui comprend des logiciels comme HTTPS Everywhere (un plugin pour browser qui crypte les données de communications), Enigmail (un logiciel permettant d’envoyer et recevoir des emails de manière cryptée), Tor, etc. On cherche également à sensibiliser les internautes pour qu’ils utilisent plus de logiciels open-source et se protègent mieux contre la collecte de leur données. Une ligne de conduite proche de celle adoptée dans le multistakeholder statement du Net Mundial lors des 23 et 24 avril 2014 à Rio (voir l’article à ce sujet).

Ntic Sao Paolo

Net Mundial : un sommet (extra)ordinaire?

Prochain article à venir : Gouvernance d’Internet discutée au brésil

Les 23 et 24 avril 2014 s’est tenu à Sao Polo le Sommet mondial sur la gouvernance d’Internet : le Net Mundial. Durant ces deux jours, ce sont non moins de 87 pays qui ont été représentés avec la participation de tous les milieux intéressés par le futur d’Internet à savoir des représentants des gouvernements, de la société civile, des milieux académiques et de la recherches, des entreprises et de la technique.

Lors de cette conférence ouverte tous les participants se sont exprimés apparemment sur un pied d’égalité, selon des conditions de participation précises, par écrit, physiquement ou par vidéo conférence, en formulant des questions ou en soulevant des problématiques liées à l’orientation de l’ICANN pour les années à venir.

Le débat a également porté sur les questions de sécurité, de vie privée et de surveillance en conséquence de l’affaire Snowden. Des séances de réflexions ont été organisées tout au long de ces deux jours au Brésil afin de parvenir à un plan d’action. Les procès-verbaux des séances sont d’ailleurs disponibles sur le site du Net Mundial et un document non contraignant a été élaboré.

L’article complet sur le bilan de cette conférence internationale et une analyse sur les lignes directrices et le futur d’Internet paraîtra dans les prochains jours.

Merci pour votre fidélité, votre patience et rendez-vous sur www.ntic.ch pour une lecture complète de cet article.

La rédaction.

Migration du blog

Chers lecteurs,

Je suis en train d’effectuer la migration de mon blog vers une nouvelle adresse et également pour stocker toutes les données sur un serveur suisse et assurer leur maîtrise  sur le sol helvétique, ce qui permettra d’être soumis aux lois suisses. Lorsque la migration sera terminée, je redirigerai ce blog vers le nom de domaine que j’ai réservé pour continuer mes activités rédactionnelles. Au fur et à mesure, et dès que j’en aurai la possibilité, le design sera revu pour être plus ergonomique et convivial.

Malgré le manque de commentaires, j’ai constaté un trafic de plus en plus fréquent, ce qui me fait penser que la démarche d’entreprendre la rédaction de sujets sur Internet n’est pas inutile.

Je reste toujours ouvert à des propositions d’articles et des news qui mériteraient un post avec réflexions juridiques sur des thèmes en lien avec ce blog. Vous pouvez laisser un commentaire ou simplement me contacter via le formulaire de contact sous la rubrique prévue à cet effet.

De nouveaux articles sont en cours de rédaction, lesquels vous permettront à nouveau de suivre l’actualité et les réflexions qui y sont liées sur des sujets récents en lien avec les nouvelles technologies.

J’espère pouvoir finaliser le tout pour fin août 2013.

En vous remerciant pour votre confiance et votre fidélité,

La rédaction.

Espionnage PRISM : la justice est saisie

On ne s’ennuie décidément plus avec le nombre d’articles publiés au sujet de l’affaire Snowden. Les révélations de l’homme le plus recherché de la planète ne cessent d’avoir des conséquences sur la manière avec laquelle les relations entre Etats…

En effet, les possibilités techniques du logiciel PRISM utilisé par la NSA et le volume des données collectées à l’insu des citoyens grâce à la collaboration de certains grands acteurs du web ne résistent pas aux critiques.

Ce lundi 8 juillet 2013, la presse suisse divulguait l’information selon laquelle le Ministère Public de la Confédération avait été saisi d’une plainte pénale déposée contre X pour les faits liés aux techniques d’espionnage informatique mis en place par la NSA.

Nous attendons avec impatience l’issue de cette plainte qui pourrait nous en dire plus sur les moyens que peuvent avoir les citoyens à disposition pour se prémunir contre les techniques d’espionnage.

Après où est Charlie, où est Snowden…

Qui veut la peau d’Edward Snowden

Il s’agit peut-être de la chasse au whistleblower la plus médiatisée après celle de Julian Assange, qui vit actuellement reclus dans l’ambassade de l’Equateur en Grande Bretagne depuis plus de douze mois. L’américain Edward Snowden est en cavale depuis presque un mois (arrivée le 20 mai 2013 à Hong-Kong), et demeure totalement introuvable. Depuis son témoignage fracassant, l’informaticien le plus recherché de la planète sème des embuches aux autorités qui le traquent. Lors de son passage, il divulgue au compte gouttes de nouvelles informations sensibles espérant éviter une extradition vers les USA par un pays qui touché par l’espionnage américain.

On ne sait pas ou cette course poursuite va se terminer, mais Snowden risque potentiellement de se retrouver dans la même situation que le fondateur de Wikileaks, ils pourraient même faire chambre commune…

Extradition vs asile politique

Qui est de son côté, qui veut sa peau ?

L’administration Obama met tout en oeuvre pour essayer de le retrouver, de la manière la plus légale possible, pour l’instant sans succès. Point de départ des fuites sur la cybersurveillance des Etats-Unis, la Chine n’a pas donné suite au mandat d’arrêt internationnal délivré par les Etats-Unis contre Snowden. Ayant peur d’être détenu en Chine, il a pris la poudre d’escampette. Les rumeurs mentionnent un transit de la Chine vers la Russie, pour passer par la Havane et se rendre au Vénézuela. Son itinéraire n’a toutefois pas été confirmé et il a été perdu de vue.

Entre-temps, il a effectué une demande d’asile politique auprès de l’Equateur, et pourrait également être accueilli par le Vénézuela ou l’Islande, ou par l’ambassade d’un de ces pays.

Le lien ci-dessous, publié sur le site de la RTS (Radio Télévision Suisse), permet de suivre, sur une carte googlemap les différentes réactions des Etats dans le monde suite aux révélations du délateur, ex-agent de la CIA.

http://info.tsr.ch/cartes/info.php?carte=149.

Migros et le crowdsourcing

Présentation de la plateforme

Le géant suisse de l’alimentaire s’est doté, depuis plusieurs années, d’un réseau social : Migipedia !

Derrière ce nom dérivé de la plus fameuse des encyclopédies sur Internet, se cache une plateforme interactive basée sur le crowdsourcing que l’on pourrait nommer : “réseau social alimentaire” (ou : “supermaket social network”).

Le crowdsourcing constitue la substance essentielle des réseaux sociaux et de la plupart des plateformes interactives 2.0, puisque les utilisateurs eux-mêmes créent le contenu en alimentant la base de données du site (Wikipedia, Facebook, iTaste, etc.) ou en apportant des idées, remarques, suggestions à l’entreprise ou à des entrepreneurs (comme Atizo.com par exemple).

Migros n’a pas perdu de temps avec l’arrivée des sites web 2.0 puisque Migipedia est en ligne depuis presque 3 ans. Face à la concurrence, la firme au M orange innove dans le secteur avec cette plateforme qui permet non seulement aux utilisateurs de donner leurs avis sur des produits (pour aboutir des fois au retrait des rayons certains produits jugés insatisfaisants), mais également d’en proposer des nouveaux.

Lors de la conférence organisée par la SCMA (Swiss Community Managers Association) Markus Maurer, responsable du secteur médias sociaux chez Migros, est venu présenter cet outil en ligne et les aboutissements de ceux-ci. On a pu constater que des produits inédits ont bel et bien été produits et mis en vente grâce à Migipedia, tel que du dentifrice Candida au mojito, des Blévita au gruyère, des gels douche “Dirty Harry”, etc. Ces produits sont marqués du slogan « développé par des clients » avec le sigle de Migipedia. (la présentation complète est consultable ici : http://www.slideshare.net/mobile/Migros/crowdsourcing-migros).

Quelques aspects juridiques de la plateforme

Dans la section « Informations juridiques / Protection des données » les conditions générales d’utilisation sont assez sommaires. Elles ne mentionnent pas les aspects de territorialité ou de zones géographiques et l’impact des utilisateurs étrangers en Suisse. On peut s’étonner à cet égard de l’absence de for juridique ou de clause de résolution amiable des conflits en Suisse, puisque le site est ouvert à tous quelque soit la zone géographique.

Peu de détails sont mentionnés pour l’éventuel contenu illicite qui serait ajouté par des utilisateurs, même s’il y a une clause d’exclusion de responsabilité de la plateforme. Il est rappelé que chacun est donc responsable du contenu qu’il ajoute.

Tous les droits de propriété intellectuelle sont réservés à Migros en ce qui concerne le contenu du site lui-même. On observe toutefois que rien n’est mentionné au sujet d’un produit qui serait créé collectivement par des utilisateurs du point de vue de la propriété intellectuelle. La question pourrait en effet se poser de savoir si une communauté pourrait être détentrice de tels droits ou à tout le moins revendiquer un dédommagement au titulaire de la marque pour un produit qui serait un succès phénoménal suite à une création collective. Qu’en serait-il donc si la communauté créait une nouvelle marque? Ces différentes hypothèses ne sont pas envisagées dans les mentions légales.

Sur certaines plateformes basées sur le crowdsourcing, la création de nouveaux produits ou les meilleures idées peuvent aboutir à un système de récompenses pécuniaires des utilisateurs. C’est d’ailleurs devenu presque la règle sur Internet, comme on a pu le constater avec Mega ou Google avec leur “Vulnerability Reward Program”.

Attention tout de même, une clause permet à Migipedia d’utiliser librement les commentaires effectués pour des publicités et de reproduire tout ou partie du texte avec votre nom et prénom à sa convenance…

(edit) Les conditions d’utilisation “M-connect”, pour les utilisateurs enregistrés qui désirent faire des propositions ou effectuer des remarques, ne sont pas très différentes de celles du site. On peut souligner le fait qu’il existe un formulaire de contact “M-Infoline” permettant de demander la suppression de ses données personnelles, mais celui-ci n’est pas forcément des plus clairs.

Conclusion

L’avenir nous dira quel sera le succès de cette plateforme, notamment si des concurrents comme Coop, Aldi ou Lidl, s’y mettent également et quelles seront les possibilités offertes par ce réseau social. Une page spéciale Facebook est dédiée à cette plateforme et permet aussi aux utilisateurs de réagir sur des produits ou sur Migipedia.

La preuve que de nouveaux produits sont réellement mis sur le marché suite à l’intervention des utilisateurs : je suis reparti avec un dentifrice Candida saveur “mojito” uniquement créé grâce à Migipedia…! Idéal pour les lendemains de la veille…

Publicité à tout prix

Depuis plusieurs années, les termes tels que viral ou buzz marketing sont devenus du langage courant. Ces techniques visant à se faire connaître par des moyens agressifs, choquants, parfois mensongers, portent bel et bien leurs fruits.

Dernièrement, l’entreprise Cuisinella a fait fort en dévoilant une publicité où les protagonistes sont de vrais passants ayant été kidnappés et à qui l’on a fait croire qu’ils allaient se faire enterrer vivant.

La vidéo est restée en ligne malgré des tentatives de retraits par la firme, et je vous laisse la découvrir :

http://youtu.be/tHeRzzRVYmg

Ce genre de procédé pose-t-il réellement problème d’un point de vue moral, éthique et juridique?

D’un point de vue moral et éthique, et pour autant que cette vidéo ne soit pas un fake, un telle méthode va très loin. Au delà de l’audace de cette entreprise par ce spot publicitaire (personnellement, je n’aimerai pas que ça m’arrive), la personne qui serait l’instrument d’une telle publicité et qui ne souhaiterait ne pas en rester là peut-elle s’attaquer à la firme et si oui, de quelle manière?

Comme souvent, plusieurs solutions sont possibles, mais elles sont couteuses et rarement utiles. La protection de la personnalité est le principal angle d’attaque, que cela soit pour l’agression au paintball, le “kidnapping” ou les désagréments occasionnés.

Existe évidemment la voie pénale, toujours désagréable. Rappelons que lorsqu’une infraction pénale est poursuivie d’office (ce qui est le cas de la contrainte et de la séquestration), impossible de revenir en arrière pour celui qui aurait décidé de saisir la justice. Le plaignant devra réfléchir à deux fois avant de dénoncer l’entreprise, s’il n’est pas sûr de vouloir aller jusqu’au bout.

En Suisse toutefois, les chances de succès de telles démarches, et surtout les avantages retirés d’un point de vue financier, sont discutables, mais pourraient être utiles pour obtenir dédommagement à l’amiable avec la firme.

En tant qu’individu, comment réagiriez-vous si vous vous faisiez prendre?

En tant qu’entreprise, jusqu’où iriez-vous pour faire parler de vous?